L'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) publie chaque année les chiffres officiels de la sécurité routière ; les totaux définitifs de 2025 figurent en tête d'article. Derrière ces totaux, la répartition par cause, par âge et par mode de déplacement dit l'essentiel des points de vigilance pour 2026.
Les chiffres clés 2025
Un blessé est dit grave quand ses lésions atteignent le niveau 3 de l'échelle médicale MAIS (MAIS3+, indicateur retenu par l'Union européenne) : ce nombre est estimé avec l'appui de l'Université Gustave Eiffel, car les forces de l'ordre ne sont pas appelées sur tous les accidents non mortels. Rapporté à la population, le bilan donne 49 tués par million d'habitants en France métropolitaine, un niveau proche de celui de 2019. L'ONISR publie aussi le détail par région et par département.
La trajectoire européenne
L'Union européenne vise une division par deux des tués et des blessés graves entre 2019 et 2030, puis zéro décès en 2050 (Vision Zéro). La France en reste loin : selon le rapport complet de l'ONISR sur l'année 2025, elle se place désormais au-dessus de la moyenne européenne, estimée à 43 tués par million d'habitants pour l'UE à 27 en 2025 (chiffre provisoire).
Les causes principales
D'après l'ONISR, une vitesse excessive ou inadaptée est relevée chez 29 % des présumés responsables d'accidents mortels, l'alcool chez 21 %, l'inattention chez 13 %, les stupéfiants et les malaises chez 11 % chacun. Ces facteurs décrivent ce qui a rendu l'accident possible, pas une cause unique.
Multifactoriel
Beaucoup d'accidents mortels combinent plusieurs facteurs. Un conducteur alcoolisé qui roule trop vite et sans ceinture en cumule trois à lui seul. C'est pour cette raison que la somme des pourcentages publiés par l'ONISR dépasse 100 % : un même accident est compté dans plusieurs colonnes.
Vitesse : analyse détaillée
L'abaissement à 80 km/h sur les routes secondaires, entré en vigueur en juillet 2018, a fait l'objet d'une évaluation du Cerema qui a conclu à plusieurs centaines de vies épargnées sur les vingt premiers mois de la mesure. Depuis la loi de 2019, un département peut relever la limite à 90 km/h sur les axes qu'il gère : plusieurs dizaines l'ont fait, les autres sont restés à 80, et seul le panneau fait foi. Les limitations de vitesse en vigueur et les différents radars et leurs marges sont détaillés dans nos guides.
Alcool et stupéfiants
La conduite après usage de stupéfiants est punie comme le délit d'alcoolémie (montants en tête d'article), et le cumul des deux constitue une circonstance aggravante : les peines encourues passent à 5 ans de prison et 15 000 euros d'amende (article L235-1 du Code de la route, fiche officielle sur les stupéfiants au volant). Pour les seuils et les sanctions, voyez notre guide de l'alcoolémie au volant et le dépistage salivaire des stupéfiants.
Quand et chez qui
Les accidents mortels avec alcool ne se répartissent pas uniformément dans la semaine : ils se concentrent sur les nuits de fin de semaine, alors même que le trafic nocturne est faible. Les conducteurs impliqués sont en grande majorité des hommes. Ce sont donc les sorties du vendredi et du samedi soir qui appellent le plus de vigilance.
Classes d'âge à risque
Rapportés à la population, les 18-24 ans sont les plus exposés (taux en tête d'article) : expérience courte, exposition nocturne et prise de risque se cumulent, d'où l'intérêt de la formation post-permis des jeunes conducteurs. Viennent ensuite les 75 ans et plus, surtout à cause de la fragilité physique en cas de choc : à accident égal, les lésions sont plus graves. Les chiffres de la conduite après 70 ans nuancent l'idée d'un risque lié à la seule conduite des seniors.
Motos : surreprésentation
Les deux-roues motorisés pèsent sans commune mesure avec leur part du trafic (chiffres en tête d'article), et représentent aussi 34 % des blessés qui gardent des séquelles un an après l'accident. La moto cumule vulnérabilité corporelle et exposition. Le passage obligatoire par le permis moto A2 et sa formation avant l'accès au permis A, les équipements de protection, dont le gilet airbag, recommandé sans être obligatoire, et la formation continue sont les axes de progrès identifiés.
Ce qui a changé récemment
Côté sanctions, l'homicide routier a été créé par la loi du 9 juillet 2025, et l'excès de vitesse de 50 km/h ou plus est devenu un délit dès la première fois depuis le 29 décembre 2025. Côté contrôle, le parc de radars se modernise, les tourelles remplaçant progressivement les cabines fixes. Le contrôle médical périodique des conducteurs âgés reste en débat.
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Questions fréquentes
Vos questions sur ce sujet
Où meurt-on le plus sur les routes en France ?
Sur les routes hors agglomération : 1 973 personnes y ont été tuées en 2025, soit 60 % de la mortalité, contre 1 031 en agglomération et 259 sur autoroute (ONISR, chiffres clés 2025). Les accidents sans tiers impliqué représentent à eux seuls 42 % des décès.
Quels usagers sont en hausse dans le bilan 2025 ?
Les piétons (503 tués, soit 47 de plus qu'en 2024), les utilisateurs de trottinettes électriques et autres engins motorisés (79 tués, 34 de plus) et les cyclistes (235 tués, 11 de plus). Les usagers de deux-roues motorisés reculent légèrement (697 tués, 23 de moins), selon les chiffres clés de l'ONISR.
À quel moment de l'année y a-t-il le plus de tués sur la route ?
En été : en 2025, août a été le mois le plus meurtrier (340 tués) et février le moins meurtrier (195), pour une moyenne de 272 décès par mois et de 61 par semaine (ONISR). La mortalité reste plus faible de janvier à avril, puis remonte de mai à décembre.
Quel est le coût d'un mort sur la route pour la société française en 2025 ?
L'ONISR publie périodiquement une évaluation du coût de l'insécurité routière pour la collectivité, qui agrège coût économique, médical et humain. Les montants par victime sont des valeurs tutélaires révisées régulièrement : consultez les publications de l'ONISR (onisr.securite-routiere.gouv.fr) plutôt qu'un chiffre recopié.
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